Actualités et controverses

Sous le regard critique de Mathieu Lavallée

Journalisme et blogues : la cohabitation

Posted by Mathieu Lavallée sur 22 avril 2009

Pardonnez mon absence de quelques jours, j’ai dû me concentrer sur des activités étudiantes. J’avais un examen ce lundi. J’ai également procédé à certaines améliorations sur le blogue : remarquez le magnifique nuage de mots-clés qui est apparu du côté gauche de la page, la liste des billets et commentaires récents à droite! C’est-tu pas magnifique ça?

Bon, revenons au droit chemin. Le blogueur et journaliste en moi était également en grande réflexion, suite à quelques billets parus sur la blogosphère au courant du mois.

Tout est parti d’une chronique de Hugo Dumas à La Presse qui a littéralement sonné la charge contre les blogues.

Les répliques ne se sont pas fait attendre. Michelle Blanc, Patrick Dion, Steve Proulx, et j’en passe. D’ailleurs, ces trois répliques, je les ai dénichées par le « compagnon d’armes » de Hugo Dumas, Patrick Lagacé. En résumé : ne pas voir les blogues comme une menace au journalisme de qualité (à moins d’être réfractaire aux nouvelles technologies).

À travers tout ça, Louis Préfontaine en ajoutait sur l’avenir des journaux (j’en ai déjà parlé ici).

D’une façon ou d’une autre, les blogues et les journaux ont la vie dure ces temps-ci. « Les blogues, la vie dure? » Oui, absolument! Même si on a un nom crédible sur la toile. À moins d’avoir la visibilité d’un grand journal, magazine ou d’un autre média à grande portée. Jugez-en par l’état d’esprit de Louis Préfontaine ces jours-ci.

Quand je regarde le déroulement des choses, je garde espoir et je me dis que ces deux oiseaux n’ont pas encore trouvé comment cohabiter dans le monde de l’information de qualité. Sauf qu’à mon avis, le temps presse en maudit pour que blogueurs et journalistes trouvent un modèle d’entente.

Le bien fondé du blogue

Plus je blogue, et plus je me dis qu’il s’agit d’un bon moyen de diffuser de l’information, pourvu que ce soit basé sur des méthodes et une éthique journalistiques. Il restera ensuite aux internautes et aux amateurs de blogues à utiliser leur sens critique et à faire certaines distinctions.

Notamment, il leur faudra faire la différence entre de l’information, du divertissement de bon goût et de la pure merde en barre (ce qui, soit dit en passant, a toujours existé, que ce soit sur un blogue, au début d’Internet ou même dans la presse imprimée). Et pour que l’information puisse ressortir du lot, rien ne peut remplacer le jugement critique des lecteurs!

De toute façon, je reste convaincu que l’information demeure nécessaire à toute société en santé. J’espère tout de même qu’elle ne disparaîtra pas à cause d’Internet (ce dont je doute) ou à cause de cette volonté de l’avoir à tout prix gratuitement. Sûrement que les gens réaliseront qu’il vaut mieux payer pour de l’information avec du relief, de la mise en contexte et de l’analyse, plutôt que d’avoir des brèves sans saveur et sans valeur ajoutée pour lesquelles on n’a pas payé un sou.

Reste qu’on paye sans chigner nos factures d’Internet et de téléphone mobile avec forfaits Internet faramineux, et qu’on endure sans limites une pollution visuelle communément appelée « publicité ». J’ai déjà affirmé le contraire, mais si on appelle ça de la gratuité, l’espèce humaine est vouée à disparaître.

Mais si les citoyens ne le réalisent pas assez vite? Devrons-nous passer par une phase où l’information sera l’affaire d’une élite pleine aux as? Ou pire, l’information passera-t-elle à l’Histoire? Sûrement pas, mais encore faut-il qu’elle se produise dans un format et avec un modèle d’affaires qui permettent un contenu de qualité.

L’heure de la concertation

Enfin, tout ça pour dire que le jour où les blogueurs et les journalistes se décideront finalement pour s’asseoir à la même table et discuter des moyens de travailler ensemble, les choses iront beaucoup mieux. L’Internet offre des moyens considérablement moins coûteux que la production d’un journal papier. En plus, il permet de faire de la radio et de la vidéo si ça nous chante.

Et même si le papier offre encore certains avantages (lecture plus rapide, gribouillage, etc.), il n’est pas irremplaçable à d’autres égards. Le contenant peut changer tant qu’il le veut, tant que le contenu demeure le même. Le blogue, c’est un peu ça : peu importe le verre, si on veut y boire de l’eau (ou n’importe quoi d’autre), qu’est-ce qu’on en a à foutre du verre?

Mais il reste certaines questions (dont une déjà soulevée ici). Pour l’instant, la survie financière de l’information entièrement Internet demeure un mystère. Je sais qu’il y en a plusieurs qui y travaillent. Laissons-les travailler.

Il y a aussi la question des habitudes des gens en matière d’information. Quand je vois du monde s’alarmer sur la condescendance des journalistes, sur leur attitude de « courroies de transmission », lorsque je vois les gens dire que les blogues, c’est systématiquement de la merde, etc., j’en viens à me demander si nous avons vraiment appris à bien nous informer.

Est-ce que nous avons appris à lire des journaux avec un sens critique? Avons-nous même appris à en lire? Et nos enfants? Est-ce qu’on leur apprend à bien s’informer, sur Internet ou autrement? Je ne suis même pas convaincu qu’on leur apprend à utiliser le web de façon responsable, alors pour le reste…

Une Réponse vers “Journalisme et blogues : la cohabitation”

  1. Charles said

    Tu ne peux pas boire un bon vin dans un gobelet … mais l’inverse est plus facile

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