Actualités et controverses

Sous le regard critique de Mathieu Lavallée

Crise économique : ça sent le cercle vicieux…

Posted by Mathieu Lavallée sur 8 avril 2009

J’avais pris un peu de retard dans la lecture des blogues que je surveille plus régulièrement. Donc ce matin, j’étais en mode rattrapage. Pendant mon blitz, j’ai remarqué un truc très intéressant sur le blogue de Paul Krugman au New York Times.

Si on résume son point de vue, ça donne ceci. Généralement, les iniquités sociales suivent beaucoup la polarisation de la politique aux États-Unis. Plus le Congrès vit une période intense de partisanerie, plus les iniquités sont grandes.

La cause de ces inégalités? Selon Krugman, la plupart des salaires très élevés, tant avant la crise de 1929 que maintenant, se trouvaient dans le secteur financier. Et la rémunération de ce secteur suit étrangement le niveau de dérèglementation. Plus il y a de dérèglementation, plus les salaires sont élevés.

Comme Krugman le dit si bien, corrélation ne veut pas dire causalité, mais quand même, il y a fort à parier (en fait, c’est une certitude) que la finance est la clé, la cause de notre situation actuelle. Même si je ne suis pas un expert, la corrélation est tout de même frappante : que ce soit en 1929 ou maintenant – donc les deux pires crises que nous avons connues dans l’ère moderne -, la dérèglementation était particulièrement élevée!

Un peu plus tard, je tombe sur le carnet de Gérald Fillion. Ne me demandez surtout pas pourquoi Radio-Canada appelle ça un carnet plutôt qu’un blogue. N’en demeure pas moins qu’il plaide très fort en faveur d’un retour pour la réglementation, et le plus rapidement possible.

Tout reste à faire, mais il semble y avoir un certain niveau de volonté. Surtout, les dirigeants ont décidé de miser sur un encadrement plus serré des échanges financiers mondiaux et de ne pas remettre en cause le système capitaliste et le modèle de mondialisation. C’est évident, direz-vous, mais c’est important de le souligner. Parce que certains commentateurs réclament une réforme complète du système de l’économie de marché.

[…]

Pour ceux qui veulent des changements draconiens, c’est maintenant que ça se passe, c’est maintenant que leur influence doit jouer. Pourquoi? Parce que les marchés boursiers sont en hausse, que les statistiques économiques semblent s’améliorer aux États-Unis et que dès que les éclaircies se présenteront, lentement on oubliera les malheurs de la crise actuelle.

Donc, il y a urgence. Pendant ce temps, le G-20 se réunit, passe une série d’engagements très pertinents (bien résumés dans le billet de Fillion), et lorsque les besoins en réglementations sont finalement ciblés… on laisse tout ça à préciser! Pourtant, c’est ce dont l’économie a le plus besoin!

Certains me diront qu’en 24 heures, il n’y a pas moyen de faire grand-chose… Justement, pourquoi avoir pris seulement une journée? Avec la gravité de la crise, un agenda chargé n’est plus une excuse pour consacrer si peu de temps aux enjeux les plus importants. Lorsque la situation le commande, tu fais le ménage dans ton agenda, un point c’est tout! Ça devrait être pareil avec les changements climatiques d’ailleurs…

Dans certains cas, il faudrait même se demander si le retour de la réglementation fait vraiment partie de leurs intentions. Parce qu’en quelques mois, on a éliminé aux États-Unis une règle comptable très justifiable… qu’on a mis quinze ans à faire adopter! Tout ça grâce à des pressions du Congrès américain.

Pour avoir plus de détails, je vous recommande une analyse de Francis Vailles, de La Presse Affaires, en date du 3 avril dernier.

La règle en question faisait en sorte que les entreprises devaient tenir compte de la juste valeur marchande de leurs actifs au moment de leur évaluation pour leurs états financiers. À l’heure actuelle, à la quantité d’actifs invendables que possèdent les banques et valant à peine un gros zéro, vous imaginez le problème que ça leur pose. D’autant que la présentation des résultats de ces banques approche à grands pas…

Mais il est désormais possible de tenir compte… des revenus futurs qu’on prévoit tirer de ces actifs! Suffit de s’entendre avec les vérificateurs externes! Il n’en fallait pas moins pour que les titres des banques américaines soient en hausse le jour même sur le parquet de la bourse.

Alors le système financier américain met la planète en cris. Après, il faut encore compter sur Washington pour nous sortir de ce bourbier. Et finalement, ils « assouplissent » les règles comptables alors qu’on a besoin d’encadrer plus sévèrement les marchés? Vous excuserez mon pessimisme, mais je vais aller me faire des réserves alimentaires pour les prochaines années. Parce qu’on n’est vraiment pas sorti du bois là…

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :