Actualités et controverses

Sous le regard critique de Mathieu Lavallée

Bébé cherche Maman??

Posted by Mathieu Lavallée sur 11 mars 2009

On a peine à le croire. Un bébé sans mère. Légalement, je veux dire…

Eh bien un juge a décidé que c’est possible. Voir à ce sujet l’article de Judith Lachapelle dans La Presse d’aujourd’hui.

Pour résumer l’histoire, un couple ayant beaucoup de difficultés à avoir un bébé a fait appel à une mère porteuse. Lors de l’accouchement, seul le père a signé les documents de l’état civil. La mère porteuse a signé quant à elle un consentement à l’adoption par la conjointe du père.

Mais parce qu’il y avait eu contrat de mère porteuse, le juge a refusé l’adoption. Selon lui, on ne peut contourner l’illégalité des contrats de mères porteuses par le mécanisme de l’adoption.

Le jugement intégral est ici, pour les intéressés.

Ne pas vouloir  qu’un corps humain soit un bien de commerce monnayable au Québec est une chose. Et ne pas permettre les contrats de mères porteuses pour respecter ce principe pouvait se justifier.

Sauf que la réalité nous rattrape.

Je ne suis pas très favorable non plus aux mères porteuses. Il me semble qu’il y a plusieurs autres possibilités, et surtout tout un tas d’enfants à adopter un peu partout sur la planète. Mais je peux comprendre que l’adoption a son lot d’inconvénients et qu’avec une mère porteuse, on a plus de chances d’avoir son petit en santé par exemple.

Nous pourrions nous perdre longtemps entre l’adoption et la mère porteuse, ce n’est pas mon point aujourd’hui. Il me semble préférable qu’un enfant puisse avoir une mère, et pas seulement dans son quotidien. La petite Mégane (c’est le nom que lui ont donné jusqu’ici les journalistes) a une maman qui s’occupe d’elle, la question n’est pas là.

Mais légalement, Julie (toujours un nom fictif) n’a aucune autorité parentale. On peut imaginer le bordel s’il y a séparation. Ou pire, si François décède (tous en choeur :  nom fictif). Pour le décès, c’est moins probable. Mais pour la séparation, je préfère ne pas penser aux statistiques.

Allieurs au Canada (mais pas dans toutes les provinces), ces contrats sont encadrés. Seule la rémunération de la mère porteuse est interdire. Est-ce qu’il ne serait pas temps d’en faire autant ici?

Une Réponse vers “Bébé cherche Maman??”

  1. La Glace Au Citron said

    Bonjour,

    Dans la plupart des documents, l’utilisation du mot « mère porteuse » masque les profondes différences qu’il y a entre procréation pour autrui (la femme qui porte l’enfant fournit également son ovule) et gestation pour autrui dit GPA (la femme qui porte l’enfant n’a pas de lien génétique avec l’enfant). En effet, les dernières études font état de nombreux échanges moléculaires entre la mère et l’enfant. Ces échanges sont régulés par l’ADN dit mitochondrial. Au contraire de l’ADN nucléaire qui se transmet par une combinaison de l’ADN nucléaire des parents, l’ADN mitochondrial ne se transmet que par la femme. Ainsi, en cas de procréation pour autrui, la femme qui porte l’enfant transmet son patrimoine génétique à l’enfant, et les échanges intra-utérins sont régis par son propre ADN mitochondrial. La contribution de la femme infertile est dans ce cas purement sociale comme dans l’adoption. Mais, en cas de gestation pour autrui, la femme qui porte l’enfant ne transmet pas de patrimoine génétique à l’enfant, et les échanges intra-utérins sont régis par l’ADN mitochondrial de la femme infertile qui a fourni ses propres ovules. Ainsi, la contribution de la femme infertile est présente dans ce cas non seulement en termes de reconnaissance physique avec l’enfant, mais elle participe même à la vie utérine au travers de son ADN mitochondrial. Pour simplifier, il y a deux femmes qui participent à la grossesse.

    Ces précisions biologiques me semblent très importantes. Avec cet éclairage, je pense qu’il est préférable :
    – de maintenir la prohibition de la procréation pour autrui du fait des liens de ressemblance et de développement entre la femme et l’enfant qu’elle porte.
    – de légaliser la gestation pour autrui qui permet d’avoir une continuité biologique entre l’enfant et le couple infertile, et ce même pendant la grossesse. Et qui de plus minimise les risques de souffrance de la femme en remettent l’enfant à ses parents car cet enfant ne lui ressemblera pas.

    Bonne continuation.

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