Actualités et controverses

Sous le regard critique de Mathieu Lavallée

Du Viagra pour l’économie?

Posted by Mathieu Lavallée sur 10 février 2009

J’ai déniché ce truc relativement drôle grâce au blogue de Patrick Lagacé.

En gros, ça compare les différents plans de relance, budgets déficitaires et bailouts de ce monde à du Viagra pour l’économie. Certains des commentaires des lecteurs valent aussi la peine d’être lus. Pour ce qui est de faire abstraction des dérapages, je vous fais confiance.

Alors comme ça, on donne du Viagra à des entreprises ou des industries qui ne sont plus performantes? Vaudrait mieux les laisser tomber pour que d’autres compagnies sortent du lot et prennent la relève?

Il y a du vrai dans toute cette histoire. Sauf que ce n’est pas du Viagra qu’on donne à l’économie ou à certaines industries. Nous épargnons à l’économie une crise cardiaque assurée. C’est valable pour le « Big Three », c’est valable pour les éclopés de Wall Street et ça se voit notamment par les résultats désastreux du mois de janvier concernant le chômage.

L’une de ces industries a traîné de la patte et n’a pas adapté ces produits aux nouvelles réalités. L’autre a visiblement péché par excès de cupidité et de risques inutiles. Le blâme à leur adresser doit être impitoyable, tant pour les compagnies concernées que pour ses hauts dirigeants.

Par contre, imaginez-vous les conséquences si elles disparaissent? Le tsunami qui se serait abattu sur l’économie aurait été d’une atrocité incomparable. Ça va déjà nous prendre des années à nous relever, nous ne sommes pas obligés d’être masochistes dans la relance en plus!

Je concède que l’industrie automobile américaine et les milieux financiers ont été particulièrement mal gérés, sinon gérés en fonction de modèles qui, manifestement, doivent être mis à la poubelle. Mais ce sont aussi des organisations avec des infrastructures, des immobilisations, des outils et du personnel déjà en place que nous pouvons utiliser pour prendre une nouvelle direction (en remplaçant les têtes dirigeantes, quand même). Les conditions des différents plans de relance peuvent imposer des conditions propres à une nouvelle orientation.

Ce changement de cap ne se fera pas du jour au lendemain me direz-vous. Je suis bien d’accord, mais est-ce nécessaire de jeter l’économie, et par conséquent la population, dans la misère pendant cette transition? Bien des gens n’ont pas à payer le prix de ces changements de mentalités qui prendront bien du temps.

François Legault, dans le cadre du colloque Bâtissons l’avenir (cliquez ici pour d’autres pages web sur le colloque) disait notamment qu’il nous faut apprendre à vivre en fonction de nos moyens, et arrêter le surendettement. Bref, revenir à la base, l’épargne qui mène aux investissements, ce qui nous permettra d’éviter l’éclatement d’une bulle de surconsommation. Bon, je ne pensais même pas qu’il était nécessaire de se faire rappeler de vivre selon ses moyens.

Mais ce qu’il faut admettre, c’est que si rien n’était fait pour aider l’économie, incluant le Big Three et Wall Street, la crise aurait été telle que plus personne n’aurait même eu les moyens de vivre.

Si on accepte le principe du Viagra, l’économie va mettre bien du temps à se relever.

2 Réponses vers “Du Viagra pour l’économie?”

  1. Richard3 said

    Tu crois que les stimulus, les bailouts, et toute la gamme des plans de sauvetage, qu’ont annoncé les USA, vont sauver l’économie? Vraiment?

    J’ai l’impression que tout cela n’est que de la poudre aux yeux! Les USA sont en train de gonfler une autre grosse bulle; celle des bons du trésor. Et quand celle-là va péter, j’espère que le reste du monde aura assuré ses arrières!

    En fait, tous ces plans annoncés par les USA, depuis l’automne dernier (et Obama a pris la même direction, tel un Bush « sur les stéroïdes »!), vont coûter les billions de dollars (en français, nous disons « millions, milliards, billions », ce qui se traduit, en anglais par « millions, billions, trillions »), et le gouvernement américain n’a définitivement pas tout ce fric. Or, depuis l’époque du président Nixon, le dollar US n’est plus garanti par l’étalon or, mais par des bons du trésor, ce que l’on pourrait qualifier d’énormes « IOU » (I owe you). Partis sur cette lancée, les marchés internationaux, un jour ou l’autre, n’auront plus confiance aux bons du trésor américains, et voudront obtenir le remboursement de ceux qu’ils ont déjà en mains. S’ils se présentent nombreux, et en même temps, ils se retrouveront dans la même position que notre Caisse de dépôts, avec sa pile de PCAA, c’est à dire que les bons du trésor US perdront leur valeur. C’est ainsi que cette nouvelle bulle, comme les autres, va éclater.

    À partir de ce moment, comment les USA feront-ils pour financer tous leurs plans de sauvetage? Le danger, c’est que de brillants fonctionnaires prennent la décision de faire rouler la planche à billets « à vide », c’est à dire sans aucune garantie, en contrepartie. Or, imprimer de l’argent sans garantie, pour un pays, c’est comme, pour un individu, émettre des chèques sans provision. Et comme un billet de banque ne peut pas « rebondir », c’est toute la masse monétaire américaine qui sera dévaluée, dans une spirale hyperinflationniste.

    Selon moi, ces deux effets combinés amèneront la création d’un « nouveau dollar US », qui vaudra 100, voire même 1000 fois le billet vert actuel. Évidemment, cette nouvelle devise ne sera pas nécessairement accueillie dans la confiance la plus totale, ce qui voudra dire des années difficiles, pour nos voisins du Sud. Je ne suis pas économiste, mais je me disais que le nouveau dollar US pourrait voir le jour dans trois à cinq ans. Toutefois, de la façon que les choses se déroulent, cela risque de se produire bien avant.

  2. Les plans de relance ne feront pas le travail à eux seuls, bien d’accord (et j’inclus ici les plans de relance autres qu’américains). Mais sans eux, la débâcle aurait été sans précédent. Et le défi pour rebâtir l’économie aurait pu se comparer à une ascension de l’Everest sans bottes, sans manteau et sans oxygène.

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